Chaque découverte d’un roman de Guy Gavriel Kay conduit au même constat : il s’agit probablement de mon auteur de fantasy préféré. Avec “Les chevaux célestes”, on quitte l’Europe imaginaire qui sert de cadre à ses autres livres.
Shen Tai est le fils cadet d’un haut général de la Kitai, Chine fantasmée du VIIIe siècle. A la mort de son père, il se rend endeuillé au Kuala Nor enterrer les morts d’une ancienne bataille. Un acte charitable qui le rendra immensément riche en plus de mettre sa vie en danger.
Guy Gavriel Kay a une fascination avouée pour les arts et les lettres. Il s’intéresse systématiquement à des peuples qui ont atteint un raffinement culturel certain, et la Chine de l’époque en fait partie. Il décrit avec beaucoup de subtilité les usages aristocratiques, la politesse, les non-dits implicites. A ce titre, les dialogues sont ciselés, entrecoupés parfois de poésie. L’œuvre est ainsi immersive, prenant vie au fil des pages jusqu’à paraître familière.
Guy Gavriel Kay livre un texte plutôt contemplatif, mais qui n’en oublie néanmoins pas le souffle romanesque : chevauchées dangereuses, intrigue politique ou chaque erreur est fatale, personnages charismatiques en nuances de gris… Rien ne vient sortir le lecteur de l’histoire construite tel un orfèvre par l’auteur.
A la plume élégante, fluide et poétique s’ajoute des péripéties fortes en enjeux, intriguant petite et grande histoire. “Les chevaux célestes” est un magnifique texte a ranger parmi les plus ambitieux et les plus dépaysants de l’auteur canadien. Roman historique déguisé d’atours fantasy, cri d’amour à la culture orientale… C’est une réussite !
Edité en VF aux éditions l’Atalante
